Faiblesses

 

 

Les faiblesses morales et contextuelles de l’Europe

Aujourd’hui, l’Europe est malade dans un monde en crise : désintérêt de la politique, absence de valeurs partagées,

repli sur soi-même.


« …L’Europe, préfère la préservation des acquis à la prise de risque. Alors qu’elle fait face au vieillissement, à la contraction de la main-d’œuvre, à l’augmentation du coût de l’énergie et donc à l’affaiblissement de sa compétitivité, elle se ferme. Il faudrait pourtant que nous nous tournions davantage vers l’avenir, en parvenant à mutualiser nos efforts

 

Op: revue Bilan Virginie Raisson « Il n’y a pas de déclin Americain mais l’Europe elle cède sa place »

 

Des problèmes de croissance et de dette publique

(1) L’Union européenne a le taux de croissance démographique le plus faible au monde (0.4% en moyenne).

 

Avec 505 millions d’habitants, l’Union européenne ne représente qu’environ 7 % de la population mondiale.

 

Elle vieillit rapidement mais ses habitants vivent plus longtemps que ceux du reste du monde.

 

La croissance économique est baisse : 2,2 % en moyenne en 2012 pour les 27 pays de l’Union.

 

Les États européens sont lourdement endettés : à la fin du deuxième trimestre 2013, la dette publique représentait 93,4% du PIB dans la zone Euro. Dans l’UE28, le ratio a aussi augmenté à 86,8%.

 

La dette publique représente approximativement  170 % du PIB de la Grèce, et environ 130% pour l’Italie, Portugal et Irlande.

 

En 2010 (selon l’Observatoire des inégalités, mai 2013), environ 17 % de la population européenne vivait sous le seuil de pauvreté, taux qui monte à 20 % chez les jeunes.

 

Le taux de pauvreté en Europe varie de 5,7 % à 16,9 % selon le seuil utilisé : à 60 % du revenu médian, le taux oscille de 10,5 % en Norvège à 21,8 % en Espagne. A 40 % du revenu médian, de 3 % aux Pays-Bas à 10 % en Espagne.

 

Op.: eurostat

 

«Le déclin vient de notre formule de croissance qui repose sur deux à priori inexacts : des ressources illimitées et l’équilibre générationnel.»

 

Op: revue Bilan Virginie Raisson « Il n’y a pas de déclin Americain mais l’Europe elle cède sa place"

 

Voici en résumé la liste des faiblesses de l’Europe :

Des environnements économique et industriel peu efficaces

 

Un grand nombre de réglementations

 

L’absence de stratégie volontariste pour développer les sources d’énergies tant traditionnelles que nouvelles

 

Le taux de pauvreté

 

Le vieillissement de la population

 

L’absence de politique d’immigration contrôlée

 

L’endettement des Etats européens et particulièrement de la population pour financer les dépenses courantes plutôt que les investissements productifs

 

La régression des populations actives

 

«… Bien que la tendance générale soit à la fermeture des frontières, cette absence de stratégie communautaire a des effets meurtriers sur les migrants. Aujourd’hui, la « communautarisation » se fait sur des points qui ont trait au contrôle et à la répression.

 

Par exemple, au moment de sa création, Frontex déplorait son budget serré, les Etats ne voulant pas payer. Mais aujourd’hui, ce même budget a explosé (NDLR : 85,7 millions d’euros en 2013).

 

Les dissensions sont assez claires: les pays membres ont, alternativement, besoin de main d’œuvre et par conséquent ferment les yeux sur les entrées, y compris les entrées clandestines. A d’autres moments, au contraire, ils ont tendance à faire barrage à l’installation des travailleurs et de leurs familles. Comme les rythmes des pays sont différents, les résultats sont différents. Ainsi, à un moment donné, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal ont eu besoin de gens, avant de se faire taper sur les doigts par des pays fondateurs de l’Union européenne, comme la France, l’Allemagne, la Belgique. C’est notamment arrivé en 2011, après la chute de Ben Ali, lorsque la France a fait des reproches à l’Italie…»

 

Source interview de BFM TV, Interview d’Alain Morice, chercheur au CNRS

 

Le déclin institutionnel

Le rôle du Parlement européen

À l’origine, le Traité de Rome de 1957 accordait au Parlement un rôle consultatif dans le processus législatif.C’était la Commission qui proposait la législation et le Conseil qui l’adoptait.L’Acte unique européen (1986) et les Traités de Maastricht (1992), d’Amsterdam (1999), de Nice (2001) et de Lisbonne (2009) ont successivement étendu les prérogatives du Parlement. Celui-ci est désormais co-législateur à égalité avec leConseil dans une grande majorité des domaines.

 

Néanmoins, à ce jour, le Parlement européen n’a concrètement que très peu de pouvoir et de droit d’initiative. Il a principalement un pouvoir de blocage : il peut approuver ou rejeter une proposition législative ou proposer des amendements mais le Conseil n’est juridiquement pas tenu de suivre son avis. Les directives européennes proviennent généralement d’initiatives de la Commission. Sur beaucoup d’entre elles, le Parlement n’a, au mieux, qu’un rôle consultatif. Ce sont donc les gouvernements nationaux, par l’intermédiaire du Conseil, qui détiennent véritablement lepouvoir législatif.Toutefois, le traité de Maastricht, renforcé par le traité de Lisbonne, a accordé au Parlement un droit d’initiative législative qui lui permet demander à la Commission de soumettre toute proposition législative appropriée.

 

Cependant, la Commission parlementaire compétente doit au préalable demander l’autorisation de la Conférence des présidents.La Commission peut soit marquer son accord, soit refuser de soumettre la proposition législative demandée.

La Commission prend les initiatives de la programmation annuelle et pluriannuelle de l’Union qui donne lieu à un trialogue entre le Parlement, le Conseil et la Commission en vue de valider cette programmation.La Commissionest désignée par le Conseil européen. Là encore, le Parlement n’a qu’un pouvoir de blocage.

 

Néanmoins, lors de la désignation d’une nouvelle Commission, ses membres (un par pays de l’UE) ne peuvent prendre leurs fonctions sans l’accord du Parlement.Si les députés européens désapprouvent le choix d’un commissaire, ils peuvent rejeter le collège tout entier.

 

Le seul pouvoir réel du Parlement réside dans l’adoption ou le rejet du budgetannuel de l’UE, conjointement avec leConseil.Le Parlement peut également forcer la Commission à démissionner en cours de mandat («motion de censure»).

L’Union européenne adopte différents types d’actes législatifs qui visent à remplir les objectifs fixés dans les Traités. Tous ne sont pas contraignants.Les règlements, eux, sont des actes législatifs contraignants qui doivent être mis en œuvre dans leur intégralité, dans toute l’Union européenne.Les directives fixent quant à elles des objectifs à tous les pays de l’UE mais laissent à chacun le choix des moyens pour les atteindre. Bien que la directives soient des actes normatifs du Conseil, suivant le domaine traité, le Parlement a plus ou moins de pouvoir d’intervention dans l’adoption de celles-ci.

 

Il en résulte que le fonctionnement de l’Union européenne est indissociable de la question nationale et que les gouvernements nationaux sont directement impliqués dans toutes les décisions prises par l’Union européenne. Cacher les problèmes nationaux derrières les obligations « imposées par Bruxelles » est donc un leurre. Rien ne se fait au niveau européen sans l’accord des gouvernements de chaque pays membre.

 

Sachant cela et pour résumer, citons les faiblesses :

Un élargissement trop rapide de l’UE donnant lieu à un manque de convergence économique

 

Une règle de l’unanimité trop contraignante

 

Des pouvoirs mal définis entre les Institutions européennes (Commission, Conseil et Parlement)

 

Un contexte législatif pénalisant

 

La légitimité avérée des Présidents du Conseil et de la Commission

 

Une domination du tandem franco-allemand au détriment des autres pays

 

Ceci donnant lieu à des faiblesses dans la communication :

 

L’absence d’un projet fédérateur donnant lieu à un manque d’adhésion et de fierté des citoyens européens

 

L’absence d’une communication européenne à une seule voix

 

L’absence d’une langue commune

 

L’absence de belles histoires, sur les trois idées de départ :  paix, stabilité et prospérité dont seule la première est réalisée